Grande Plaine

Kecskemét, la Sécession au milieu de la plaine

À une petite heure de train au sud-est de Budapest, Kecskemét aligne l'un des plus riches ensembles Sécession du pays autour de ses places jointives. La ville de 110 000 habitants est aussi la patrie de l'abricot, de la pálinka qui en découle et du compositeur Zoltán Kodály.

En bref

Depuis Budapest
InterCity depuis Nyugati environ toutes les heures, 1h05 à 1h20 ; comptez 2 500 Ft (6,50 €) plus réservation
À ne pas manquer
hôtel de ville, palais Cifra, confiserie-musée du massepain
Durée conseillée
une journée ; deux jours avec la puszta de Bugac
Spécialité
barackpálinka, l'eau-de-vie d'abricot d'appellation protégée

Un festival d'architecture Sécession

Tout se joue autour des places Kossuth et Szabadság, qui se fondent en une vaste esplanade piétonne. L'hôtel de ville, élevé de 1893 à 1897 par Ödön Lechner et Gyula Pártos, en est la pièce maîtresse : façade rose ourlée de motifs floraux, toiture en céramique vernissée sortie des fours Zsolnay de Pécs — la manufacture est présentée sur notre page des porcelaines Herend et Zsolnay. Son carillon égrène plusieurs fois par jour des mélodies de Kodály et d'Erkel.

Juste à côté, le palais Cifra (« palais orné », 1902) pousse le style plus loin encore : pignons ondulants et fleurs de majolique en relief ; il abrite la galerie de peinture de la ville. Complétez le tableau avec le Nouveau Collège d'inspiration transylvaine (1912) et l'ancienne synagogue mauresque de 1871, reconvertie en maison des sciences et des techniques. Plus ancienne, la « Grande Église » baroque (1774-1806) rappelle que Kecskemét prospérait déjà du commerce du bétail sous l'occupation ottomane, dont elle avait racheté sa tranquillité.

Massepain, jouets et photographie

Kecskemét cultive les petits musées attachants. Sur la place Szabadság, la confiserie Fodor double son comptoir d'un musée du massepain : sculptures en pâte d'amande représentant monuments et personnages, à admirer avant de goûter les gâteaux maison. Le musée du jouet Szórakaténusz expose jouets populaires hongrois et propose des ateliers pour enfants, tandis que le Musée hongrois de la photographie occupe une ancienne synagogue orthodoxe. Les mélomanes pousseront jusqu'à l'institut Kodály, installé dans un ancien monastère franciscain : le compositeur et pédagogue, né ici en 1882, y est présenté à travers une exposition permanente. Comptez 1 000 à 2 000 Ft (2,50 à 5 €) par entrée.

L'abricot et la pálinka

Les sols sablonneux qui entourent la ville portent depuis des siècles des vergers d'abricotiers ; le fruit mûri sous le soleil de la plaine donne la barackpálinka, eau-de-vie double-distillée titrant 40 à 50 degrés, protégée par une indication géographique. On la déguste glacée en apéritif ou en digestif, dans les cafés du centre (verre autour de 1 500 Ft, 4 €) ou en bouteille à partir d'environ 7 000 Ft (18 €). Notre page dédiée à la pálinka détaille appellations et rituels de dégustation. Fin août, la semaine festive « Hírös Hét » célèbre fruits, vins et traditions de la région.

Bugac, aux portes de la puszta

À une quarantaine de kilomètres au sud-ouest commence le parc national de Kiskunság, dont la puszta de Bugac est le site le plus visité : dunes de sable fixées par les genévriers, troupeaux de bœufs gris de Hongrie, moutons racka aux cornes torsadées et démonstrations des csikós, ces cavaliers-bergers capables de mener cinq chevaux debout sur les deux derniers. Les spectacles équestres ont lieu de mai à octobre ; comptez 4 000 à 6 000 Ft (10 à 15 €) avec la visite du musée pastoral. Sans voiture, l'excursion se fait en bus régional ou avec un tour organisé depuis Kecskemét. Pour comprendre ces paysages d'herbe et de sable, lisez notre page sur la Grande Plaine.

Kecskemét se combine bien avec Szeged, une heure plus loin sur la même ligne ferroviaire — les deux villes composent un beau week-end Sécession au départ de Budapest. D'autres idées d'étapes sont réunies sur notre page des villes de Hongrie.