Art nouveau

Les bains Gellért

Mosaïques turquoise, colonnes de majolique et verrière de 1918 : les bains Gellért sont le plus beau décor thermal de Budapest. Ils sont toutefois fermés pour rénovation complète depuis fin 2024, avec une réouverture annoncée vers 2027-2028.

En bref

Statut
Fermés pour rénovation complète depuis fin 2024 ; réouverture annoncée vers 2027-2028
Adresse
Kelenhegyi út 4, XIᵉ arrondissement, au pied de la colline Gellért
Accès
Métro M4, station « Szent Gellért tér » ; trams 19, 41, 47 et 49 ; bus 7
Derniers tarifs connus
Environ 10 500 à 12 500 Ft (27 à 32 €) selon le jour, avant fermeture
Alternatives
Rudas à 800 m, Széchenyi côté Pest, Veli Bej pour l'ambiance locale

Fermés pour rénovation : ce qu'il faut savoir

Disons-le d'emblée pour vous éviter un déplacement inutile : les bains Gellért n'accueillent plus de visiteurs depuis fin 2024. L'établissement, comme l'hôtel attenant, fait l'objet d'une rénovation complète — la première de cette ampleur depuis un siècle — et la réouverture est annoncée vers 2027-2028, sans date ferme à ce jour. Les billets ne sont plus en vente et aucune visite partielle n'est proposée. Si un site ou un revendeur vous propose une entrée « Gellért » pour 2025 ou 2026, méfiez-vous : il s'agit au mieux d'une confusion, au pire d'une arnaque. Cette page reste en ligne pour présenter ce que sont ces bains, suivre le chantier et vous orienter vers les bonnes alternatives.

Un palais thermal de 1918

Achevés en 1918 dans le style Sécession hongroise, les bains Gellért prolongent l'hôtel du même nom au pied de la colline. Leur hall intérieur est resté l'image d'Épinal du thermalisme hongrois : bassin bordé de colonnes torses sous une verrière, céramiques turquoise de la manufacture Zsolnay — celle de Pécs —, fontaines à tête de lion et mosaïques au sol. À l'extérieur, la piscine à vagues de 1927 fut l'une des premières d'Europe. L'eau, issue des sources de la colline Gellért déjà exploitées par les Ottomans, sort entre 35 et 40 °C ; un établissement plus modeste, le Sárosfürdő (« bain boueux »), occupait le site dès le Moyen Âge, avant d'être démoli pour la construction du pont François-Joseph, l'actuel pont de la Liberté. Douze bassins au total, dont les bains thermaux intérieurs à 36 et 38 °C, faisaient du lieu un concentré de l'histoire du bain telle qu'on la raconte sur notre page bains thermaux.

Gellért, Széchenyi ou Rudas : comparaison honnête

Même avant la fermeture, le choix méritait nuance. Gellért gagnait sur la beauté du décor intérieur, sans rival en Europe ; mais ses bassins extérieurs restaient modestes, la foule y était dense dès la fin de matinée et le rapport qualité-prix inférieur à celui de ses concurrents. Széchenyi l'emporte pour l'expérience du bain extérieur en plein hiver, la taille (18 bassins contre 12) et l'animation ; Rudas pour l'authenticité — une vraie coupole ottomane de 1550 — et sa piscine panoramique sur le toit, face au Danube. En clair : Gellért était le plus photogénique, rarement le plus agréable. La rénovation, qui s'accompagne d'un repositionnement haut de gamme de l'hôtel, changera probablement aussi les tarifs à la réouverture.

Où se baigner en attendant

Depuis la place Szent Gellért tér, les Rudas sont à dix minutes à pied en longeant le Danube vers le nord : mêmes eaux de la colline Gellért, comptez environ 10 500 Ft (27 €) en semaine. Côté Pest, Széchenyi se rejoint en vingt minutes par le métro M4 puis M1 (voir le métro de Budapest). Pour une expérience sans touristes, les bains Veli Bej, ottomans eux aussi, coûtent moitié moins cher. Et si votre séjour passe par le Balaton, le lac thermal de Hévíz offre ce qu'aucun bain urbain ne peut proposer : nager dans une source naturelle de 4,4 hectares. Enfin, même fermé, le bâtiment vaut le coup d'œil en passant : la façade sur la place, la fontaine et le porche d'entrée aux mosaïques dorées se voient depuis la rue, et la terrasse du pont de la Liberté, à cinquante mètres, reste l'un des points de vue les plus photographiés de Budapest.